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Avant-propos
BYRON KOTZAMANIS
Co-organisée, du 26 au 29 juin
1996, à Thessalonique, par
l’Université des Sciences
Economiques et Sociales de
Macédoine qui a offert ses
locaux et assuré la logistique
avec efficacité, par
l’Association Internationale des
Démographes de Langue Française
(AIDELF) qui a assuré la “mise
en musique” scientifique, le
Centre National de Recherches
Sociales (EKKE, Athènes) et
l’Association des Statisticiens
des Balkans, avec le très
précieux concours financier de
la Commission des Communautés
Européennes et du Conseil de
l’Europe, le deuxième atelier de
l’AIDELF a largement dépassé les
attentes de ses promoteurs. Il
s’est transformé, en effet, en
une véritable Conférence
Internationale, réunissant
nombreux chercheurs ainsi que
les directeurs des Offices
Statistiques de la région. La
présence de ces derniers
témoignait de l’importance
qu’ils accordaient à cette
réunion et à ses travaux. Cette
Conférence constituait pour eux,
il est vrai, une occasion pour
se rencontrer et échanger des
informations sur la situation de
leur pays.
Les ambitions de
la Conférence
Les organisateurs, sur le thème
de l’évolution démographique
dans les Balkans depuis la
Seconde Guerre mondiale,
s’étaient assigné comme premier
objectif de mettre au jour un
maximum de données relatives
autant aux sources qu’aux faits
démographiques. En même temps,
cette Conférence a été conçue
pour favoriser la rencontre,
d’une part, des démographes
(dans l’acceptation large du
terme), et, d’autre part, des
responsables des Organismes
Statistiques Nationaux, dont le
concours est indispensable à
l’amélioration des connaissances
démographiques. Elle a, dès le
début, reçu le soutien de ces
derniers : tous les Instituts ou
Offices Statistiques contactées
sont allé au bout de l’exercice
qui leur avait été proposé, à
savoir :
- l’élaboration, sous leur
responsabilité, de quatre
synthèses nationales, une pour
chacun des quatre sous-thèmes de
la conférence: les sources et
données démographiques; les
composantes de l’évolution
démographique; la structure par
âge et la structure des ménages
et des familles; les mouvements
migratoires internes et
internationaux;
- la documentation de deux
annexes pre-définies visant à
appréhender l’ampleur et la
disponibilité du fonds
démographique de chaque pays;
- la préparation d’un dossier
statistique rassemblant toutes
les séries de données
démographiques brutes existantes
en rapport avec les thèmes
traités
. Ainsi, durant
quatre journées, l’assemblée des
quelques soixante-dix
scientifiques réunis (membres
des délégations des Offices
Statistiques des pays
balkaniques ; membres de l’AIDELF;
représentants des organisations
ayant contribué à la tenue de la
manifestation) a réussi à
nouer des échanges fructueux en
surmontant l’obstacle des
barrières linguistiques, par
l’utilisation du français ou de
l’anglais. Cela est d’autant
plus méritoire que, dans cette
région d’Europe, les
susceptibilités politiques
étaient, et sont encore,
particulièrement exacerbées.
Il reste néanmoins que les
présentations des quelques
quarante rapports et
communications, comme les
discussions qui les ont suivies,
se sont déroulées dans un climat
cordial et serein. Au point qu’à
l’ issue de la conférence, le
projet de création d’un réseau
ou d’Observatoire démographique
des Balkans fut même adopté et
que le principe de séminaires
ultérieurs – pas nécessairement
destinés à réunir une
participation aussi nombreuse
qu’à Thessalonique, mais
organisés à intervalles assez
réguliers et, si possible, dans
un pays chaque fois différent –
reçut une approbation unanime.
Certains
participants, pénétrés de
l’évidence que les résultats de
leurs recherches sont attendus
avec intérêt par les acteurs
économiques et les responsables
politiques, ont développé l’idée
de fédérer leurs efforts au sein
d’un réseau permanent
d’échanges. Ce réseau (DEMOBALK)
qui fut crée peu après, s’est
donné comme objectifs de : i)
stimuler la coopération entre
scientifiques et institutions
travaillant sur les questions de
population dans les Balkans, ii)
organiser des réunions
scientifiques, promouvoir
l’échange de documentation et
d’informations, iii) susciter
des recherches et études
comparatives et diffuser les
travaux les plus dignes
d’intérêt, iv) créer une base de
donnes démographiques,
nationales et régionales et v)
évaluer les conséquences des
tendances démographiques et
sensibiliser les institutions
aux risques de rupture.
La publication
des Actes
La présente
publication doit permettre de
garder un souvenir tangible de
la Conférence de Thessalonique
qui, par le nombre et la qualité
des participants aussi bien que
par le nombre de communications,
ressembla fort à une première
Conférence internationale de l’AIDELF
sur la démographie des Balkans.
Elle reprend largement les
textes présentés lors de
deuxième séance, séance centrée
sur les composantes de
l’évolution démographique. Les
textes destinés à alimenter les
débats dans cette séance
devaient s’articuler en deux
parties : la première décrivant
– dans une optique comparative,
infra nationale et
internationale – l’évolution des
principaux phénomènes
démographiques depuis la fin de
la Deuxième Guerre (mortalité
infantile, mortalité par sexe et
par âge, fécondité par rang,
primo-nuptialité,
divortialité...) dans les pays
étudiés; et la seconde analysant
les facteurs à l’origine des
évolutions considérées.
D’une manière générale, un
important travail a été accompli
par les auteurs des divers
rapports présentés. Les débats
ont cependant mis en lumière
plusieurs lacunes affectant ces
derniers :
- le recours trop fréquent à
certains indicateurs quelque peu
frustes;
- une préférence trop marquée
pour l’analyse transversale;
- des comparaisons
internationales trop souvent
limitées à une opposition, non
point entre pays balkaniques et
pays limitrophes ou appartenant
à la même zone, mais entre pays
socialistes et autres pays
européens, soit des comparaisons
des plus difficiles à justifier
aujourd’hui et de moins en moins
pertinentes;
- l’absence d’analyses
régionales et
régionales/transnationales. Dans
les Balkans, des différences
considérables de comportements
peuvent, on le sait,
caractériser des populations
localisées sur des micro-espaces,
ou sur des espaces
transfrontaliers. Il est
manifeste, par exemple, que dans
le cadre d’analyses nationales
globales, on ne pourra
aucunement mettre en évidence la
zone de fécondité relativement
élevée qui s’étend du sud-ouest
de l’Ex- République Yougoslave
de Macédoine au Kosovo, en
passant par l’ Albanie. Le seul
recours à des synthèses
nationales, parce qu’il peut
occulter la proximité de
comportements démographiques
particuliers valant de part et
d’autre d’une même frontière,
est, à l’évidence, insuffisant;
- un volet explicatif souvent
réduit à sa plus simple
expression. Il ne suffit
pourtant pas de décrire, il faut
aussi chercher à comprendre le
pourquoi des faits et des
évolutions constatées et
s’appuyer, pour cela, sur les
apports des autres disciplines
des sciences humaines, dans le
cadre de collaborations avec
leurs représentants.
Afin de rester dans l ‘esprit
de ce qu’ambitionnait d’être, et
fut, cette manifestation
scientifique, il a été décidé
que ces « Actes »
consisteraient en :
- une présentation sommaire des
objectifs et des principaux
acquis de la Conférence (voir
avant-propos).
- une publication des neuf
textes édités par le signataire
de l’avant-propos – seul
responsable des erreurs et
approximations ou compromis
subsistants – à partir des
communications présentées lors
de cette séance, textes
précédés d’une brève
introduction dans la matière de
l’éditeur.
Il faut toutefois rappeler que
les textes présentés dans la
première séance de la Conférence
(« Sources et données
démographiques»), ont déjà été
publiés en 1999 grâce au support
de l’Association Internationale
des Démographes de Langue
Française. Cette publication
contient en plus un tableau
synoptique des données
disponibles au niveau national
et régional, un répertoire des
chercheurs ou statisticiens
connus pour leurs travaux sur la
population de tel ou tel pays
balkanique et un recueil des
listes (membres des comités de
parrainage, scientifique et
d’organisation ; des
communications présentées ; des
participants à la Conférence..).
Pour des raisons d’économie
d’échelle, ces listes ne sont
pas reprises dans l’actuelle
publication. Enfin, les textes
présentés dans la quatrième
séance (“Mouvements migratoires
et répartition spatiale de la
population”) feront également
l’objet d’une publication dans
la collection Series on
Transition in the Balkans, de
l’Université de Thessalie à
Volos (Grèce).
Que
tous ceux qui, d’une manière ou
d’une autre, ont contribué à la
réalisation de cet ouvrage
trouvent, ici, l’expression de
notre très haute gratitude. |